C’était, comme je l’ai dit précédemment, lors d’un stage Laurent Mezailles, au centre Équipassion de Trèbes (non loin de Carcassone). Ce stage était organisé avec l’aide active d’une Amazone bien connue: Isabelle Faugeras, secrétaire des Amazones de France.
Mais cela, je ne l’ai appris que plus tard, et d’ailleurs je tiens à souligner la discrétion dont elle à su faire preuve, car je ne suis pas femme à apprécier la propagande!
Par ailleurs, son dévouement et sa fougue m’ont convaincue, et depuis peu je suis moi-même adhérente, mais tout cela est une autre histoire…
Revenons à Carcassonne, tout commence le vendredi soir, avec un cassoulet bien sûr! Nous arrivons de nuit, et visitons brièvement la cité, fatigués du voyage, nous pensions sans doute découvrir d’avantage Carcassonne le lendemain soir, c’était sans compter les deux heures à cheval…
Samedi matin, nous voila sur place. Fanette nous attribue nos montures pour le weekend, le premières amazones se présentent déjà à la porte et Laurent selle les chevaux à l’aide de Frédérique, il semble très concentré et je me dis que cela doit être bien compliqué à en juger son air! Mousse par ci, Queenie par là…

Je ne fais partie que du dernier groupe, j’ai donc la possibilité de voir comment s’en sortent les autres, cela me rassure, Laurent y va “en douceur”.
Rencontre avec Bilytis, hummm la coquine me fait le coup des oreilles de méchante, elle à vite compris qu’avec moi, ça marche! En plus elle est en box, moi qui suis claustrophobe
Olivier m’aide pour curer les postérieurs, en box j’en suis incapable!
Je me présente, la dernière bien sûr (la ponctualité n’est pas mon fort à cheval), Laurent selle, avec moult précautions, et nous commençons par marcher quelques tours de carrière.
Laurent ressangle les cavalières une à une, et les mets en selle. Ça y est, je suis en amazone, mais à califourchon!
Quelques foulées au pas, et Laurent nous glisse enfin la consigne tant attendue “vous pouvez passer la jambe droite à gauche!”. Doucement, nous glissons nos pied par dessus les encolures, en prenant soin de ne pas perturber nos montures, qui en fait, sont bien moins effarouchées que nous!
Il faut prendre ses marques, cela n’est pas évident. Nous envoyons toutes notre main droite à la recherche de la balancine, nous tentons de comprendre ce qui est en train de se passer sous nos fesses. Bref, nous découvrons!

Laurent nous explique la transition pas-trot: se pencher en avant, vers la droite. Plus facile à dire qu’à faire! J’ai l’impression d’être totalement ridicule, et Bilytis semble avoir décidé de me donner raison…
Et voici les premières foulées de trot! nous y allons par morceaux de trois ou quatre foulées, guère plus. Chacune d’entre nous à probablement la sensation de n’être jamais montées à cheval! Nous nous penchons toutes en avant, moi plus que les autres (comme toujours), défaut courant qui semble être moins problématique en amazone.
Petit à petit, nous trottons de plus en plus longtemps… La première séance se limitera à cela.
A raconter c’est tout bête, et pourtant! Lors du casse-croûte de midi, nous voila tous à piailler, nous avons milles questions à l’attention de Laurent, et le ton du weekend est donné!
Il est temps de remettre ça, le repas est bien sympa, chacune y va de sa petite histoire, mais il est temps de travailler!
Le trot semble déjà bien plus naturel que celui de ce matin, nous parvenons à maintenir l’allure, et cela me semble presque naturel! Le plus étrange, est que je parviens à obtenir ce que je souhaite, sans trop comprendre comment je fais! Ma jambe droite n’a plus aucune action, si ce n’est éviter que ma monture ne se traverse… Mais alors, comment Bilytis peut-elle comprendre ce que j’attends, alors que je ne peut la tenir dans mes jambes? Je n’ai toujours pas répondu à cette question, et je reste bluffée par ce qui me semble être de la magie!
J’ai déjà oublié mes appréhensions, et je me sens “au niveau”, moi qui suis plutôt du genre à me dévaluer…
Et puis le galop! Même technique, en avant vers la droite. Un petit appel de langue si nécessaire. Mais moi, je suis un moteur diésel, ça ne veut pas partir! Comme à califourchon, le départ au galop semble problématique pour moi. Il faut se rendre à l’évidence, la monture est différente, la selle est différente… Le problème, c’est donc moi!

Et là, Laurent me fait une remarque tellement simple, que je ne comprends pas que personne ne me l’ai faite avant! Une vraie révélation!!! “Tu perds le contact! Tends tes rênes!!! Comment veux tu qu’elle parte, tu l’abandonne dans tes mains!“. Et oui, à force de vouloir préserver la bouche des chevaux que je monte, je les abandonne! Comme je ne monte que ma jument, elle est habituée et ne pose aucune difficulté pour prendre le galop avec pour seule aide mes pieds, Mais là… Je n’ai plus qu’un pied!
Et voilà comment en une reprise, j’ai appris plus qu’en deux ans…
Quand au galop, un régal! Rien à voir avec les ballotement du trot, c’est tellement naturel, le bassin suit tout seul, la jambe n’a pas besoin de se cramponner à la fourche comme je l’aurais cru, au contraire!
Et c’est forte de cette re-découverte de l’équitation, que je me couche le soir, sans avoir visité Carcassonne!
Dimanche matin, les premières douleurs dans le dos se font sentir. C’est peut-être stupide à dire, mais je suis contente!
Déjà cela veut dire que mon dos à travaillé, mais plus encore, j’ai mal uniformément de chaque côté de la colonne, ce qui signifie que mon dos à travaillé de manière “symétrique”.
D’ailleurs, les douleurs me font aussi remarqué que mon dos à travaillé bien plus qu’il ne le fait à califourchon! Et vu les problèmes de dos que j’ai, c’est bon à prendre… En principe, je ne devrais même pas monter à cheval, mais je sais que ce sport justement est excellent pour le dos, à condition de veiller à sa posture.

En revanche, la reprise du matin fut pour moi un calvaire! Laurent m’a attribué une autre selle, et visiblement, elle ne me convient pas…
Je me vrille systématiquement, impossible pour moi de tenir le trot, et de surcroît la selle tourne!
Je me transforme alors en vraie grincheuse, pour une fois, à juste titre.
Je met pied à terre déçue, et en colère. Je l’avoue, peut-être un poil jalouse de celles qui ont pu profiter de leur troisième séance, car je sais alors que je viens de perdre une occasion de me faire plaisir et je redoute affreusement que le problème se réitère dans l’après-midi car alors je resterais sur cette horrible sensation, et c’est pour moi inconcevable!
Il ne fallait pas que je reste sur le calvaire du matin, j’ai bien fait comprendre que je voulais reprendre la même selle que la veille, comme nous étions deux à la préférer, nous sommes montées dans deux groupes différent, pour que nous ne soyons pas frustrées, nu l’une, ni l’autre!
J’avais un peu peur au début, car contrairement à la veille, Laurent à installé des Queenies, et cela me faisait bizarre ces bouts de mousse tenus par une bande de repos… Mais dans le feu de l’action, on l’oublie. Cela donne un contact moelleux avec la fourche, cependant, je pense qu’une fourche qui s’adapte parfaitement est préférable. En tout cas, je pense que c’est ce que je préférerais.
Forte de mes enseignements de la veille, je prends garde à conserver le contact avec mes rênes, et plus que jamais je m’applique à profiter de chaque minute qui passe, car je ne sais pas combien de temps je devrais attendre ensuite.
Je peut vous assurer que ce fut un véritable feu d’artifice! Laurent a sans doute su déceler ma fragilité, et il a su me faire passer des barres au sol au galop, et en amazone! Il faut savoir que cela faisait des mois que je refusais de travailler les barres au sol avec ma propre jument…

Après cela nous avons bien tenté les changement de pieds, mais personnellement j’avais déjà remporté la bataille, et cela me suffisait.
J’étais venue pour découvrir la monte en amazone, j’ai re-découvert la monte tout court. L’expérience a été au delà de mes attentes, et je peux affirmer aujourd’hui être une amazone.
Non ce n’étais pas qu’une drôle d’idée, c’est une passion!